Pas très longtemps après mon
arrivée en Nouvelle-Zélande, on a appris que mon père aurait à avoir une grosse
opération, sans toutefois savoir quand est-ce qu’elle aurait lieu. À peu de
temps d’avis, la date a été annoncée : 26 novembre… On en avait déjà
parlé, le plan était d’en rester avec les projets initiaux. Sauf que maintenant
que la date était annoncé, plus le temps passait et moins j’étais confortable
avec l’idée d’être de l’autre côté de la terre la terre alors que ma famille vivait
un moment difficile, ce n’était pas moi de ne pas être là avec eux. Une
certaine journée, il y a de cela quelques années, j’ai officiellement décidé
que ma famille prenait la tête de la liste de mes priorités et c’est ce que j’ai
décidé de respecter en achetant, vendredi à 15h, un vol aller-retour pour
Montréal. Un aller-retour puisqu’il était maintenant trop dernière minute pour
seulement revenir plus tôt, j’avais une auto à vendre, des objets à récupérer,
des engagements de pris, etc. J’avais donc moins de 25h pour me préparer et me
rendre à l’aéroport qui se situait à environ 9h d’où j’étais puisque le
lendemain était pour le lendemain 16h.
Je fais une partie de la route le
vendredi, le reste le samedi matin. J’arrive à Christchurch en après-midi, un
peu serrée dans le temps, je réussis à rejoindre des gens que je connaissais
encore très peu mais qui ont généreusement accepté de garder mon auto chez eux
durant mon absence et mon même reconduit à l’aéroport. Alors que je croyais que
la course se terminait, elle ne faisait que commencer.
Le vol de Christchurch à
Auckland se déroule bien, mais je réalise rapidement que ma connexion sera
serrée… Je change de terminal, passe devant quelques files, marche vite et
arrive juste à temps… pour réaliser que mon vol avait un peu de retard. J’ai
acheté mon vol sur un site que je ne connaissais pas tellement et même avec mes
billets dans les mains, je crains encore un peu de me faire dire que mon siège
n’existe pas. 59k, c’est le siège inscrit sur mon billet. J’entre dans l’avion
(qui est gigantesque, soit dit en passant) et me dirige vers le fond. 55…56..57..58…
Ça y est, je pense que mon billet n’en est pas vraiment un.. ah! 59! Caché
derrière 58, la toute dernière rangée de l’avion, avec seulement deux sièges.
Et bien croyez-le ou non (ou croyez non ou le, comme dirait le gars de la radio
de l’Abitibi – pas que ce soit la façon abitibienne de dire l’expression, pas
du tout! ), malgré mon achat de dernière minute j’avais hérité d’une place près
d’un hublot et du monsieur probablement le plus sympathique de tous passagers.
On a jasé un peu, ça a aidé à faire passer le vol de 12h plus rapidement. Je
profite du lever de soleil un moment
donné au milieu de la nuit, quelque part au-dessus du Pacifique. J’adore l’idée
d’être un peu perdu dans le temps et dans l’espace, comme suspendu entre deux
moments et deux endroits, comme si on disparaissait de la carte pendant
quelques heures.
J’attends Los Angeles de pieds
ferme. Le retard à Auckland complique drôlement ma connexion aux États :
25 minutes en mettant les pieds hors de l’avion pour passer les douanes
(AMÉRICAINES!), passer la sécurité et la vérification des bagages et me rendre
à ma « gate ». Le temps que j’arrive au douanier par la ligne express
(qui s’est avérée ne pas être express du tout), il me restait 5 minutes avant l’embarquement et à l’inspection
de mes bagages, on annonçait le dernier appel pour mon vol. Je n’ai aucune idée
comment c’est possible, mais j’ai finalement réussis à partir sur ce vol, j’étais
pratiquement la dernière à embarquer, ils étaient sûrement à quelques minutes d’appeler
mon nom au travers de tout l’aéroport. Heureusement je me serai évité ce moment
gênant et j’aurai pu arriver à Montréal dans les temps.
J’ai tout un comité d’accueil
qui m’attend à l’arrivée : mon frère, mon père, mon oncle et mon cousin. Je
suis contente d’être là, et eux aussi sont contents que je sois là.
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