Du 9 au 11 décembre, je suis de
nouveau perdue dans le temps, dans l’espace quelque part au-dessus du
Pacifique… juste perdue tout court en fait. Je ne sais plus trop pourquoi je
repars, où je suis, où je m’en vais, je ne me sens plus autant chez-nous, j’ai
plus le goût, je me sens vraiment perdue. Ça fait son temps, je tourne un peu
en rond dans l’aéroport puis je me décide à remettre les pieds dehors. Ce n’est
certainement pas en me cachant dans l’aéroport que je vais remettre les pièces
du casse-tête à leur place. Le chauffeur de la navette que je prends est super
sympathique... C’est vrai, j’avais déjà oublié que je les aime bien les Kiwis…
Un couple d’amis de la famille de Gelise m’accueille les bras plus que grand
ouvert... C’est vrai, ils sont tellement accueillants les Kiwis… Ils me
convainquent de rester à coucher, on prend un bon souper, discute un peu, puis
une bonne nuit de sommeil. Le lendemain je vais faire mon épicerie pour la
semaine, je me sens de nouveau en terrain connu. Heureusement qu’il y avait ces
bonnes personnes sur mon chemins pour me donner la petite tape dans le dos que
j’avais besoin pour retomber dans ma routine de voyage. Merci, grâce à vous je
me sens de nouveau chez-nous.
-Translation on the right side, at the top! Traduction dans le coin superieur droit!-
samedi 22 décembre 2012
Tout est relatif
Je ne sais pas ton nom, je ne
connais pas ton histoire, mais pour une raison un peu mystérieuse tu as choisi
de me parler de la raison de ta visite à Montréal. Et pour une raison encore
plus mystérieuse, je n’ai pas suivi mon envie de discuter davantage avec toi.
D’habitude je suis ce genre d’élan là, j’aurais dû, la preuve, je regrette un
peu de ne pas l’avoir fait. Tu m’as dit à brûle pourpoint que tu venais dire au
revoir à ton père qui ne passera pas Noël… Je t’ai trouvé fort. Fort de le dire, fort de
partager, fort dans la faiblesse qui se voyait dans ton regard. Quand tu m’as
d’abord demandé ce que je venais faire à Montréal, je t’ai répondu que je
venais rendre visite à de la famille qui était à l’hôpital. C’était mon père
que j’allais voir. La différence, c’est que les docs ont fait de la bonne job,
que mon père est jeune et plein d’énergie et de motivation, que son heure est juste
pas venue. La différence c’est que mon père à moi, il va être là pour Noël
cette année et il va être là pour encore plusieurs Noël à venir. Tu liras
jamais ce que j’écris, tout simplement parce que je ne connais même pas ton
nom, mais si je pouvais, je te laisserais savoir que je pense à toi et à ta
famille et que si c’était à refaire, je te l’offrirais ce café sans avoir peur
que ce soit mal interprété. Parce que même quelques semaines plus tard, je
continue de penser que tout ce tu demandais, c’était un café, une présence, une
discussion pour te changer les idées et te sentir un peu moins seul et perdu.
Toronto
Visite rapide et
improvisée de Toronto. À deux reprises en Nouvelle-Zélande on m’a vanté le
chanteur canadien Leonard Cohen que je ne connaissais alors pas du tout. À tout
hasard, je me rends compte qu’il est de tournée au Québec. Les critiques du
spectacle de Montréal qui avait eu lieu la veille sont excellentes et il sera
de passage à Québec dans les prochains jours. J’aime bien ce qu’il chante du
peu que j’en connaisse et j’irais bien le voir en spectacle. Malheureusement
tous les billets semblent être vendus. Je m’amuse à regarder les prochaines
villes de sa tournée… Toronto. Toronto, c’est pas si loin de Montréal il me
semble, non?
Finalement tout
adonne plutôt bien, je me trouve un billet pour le spectacle, un aller-retour
en autobus dans la même journée et mon frère arrive de l’Abitibi pour rendre
visite à mon père en plein à ce moment-là. Je pars donc pour environ 24h
d’aventures. Un transfert d’autobus à Ottawa me permet d’entrevoir le canal
Rideau (cours d’eau d’Ottawa bien connu pour la patinoire qui en est fait à
l’hiver), puis coup de cœur pour Toronto de soir (c’est l’hiver, il fait noir
tôt!). Je vois quelques très beaux bâtiments, une patinoire où les gens
profitent de l’hiver malgré la neige qui se fait tarder, les impressionnantes
tours à bureaux avec toutes les fenêtres illuminées, les décorations de Noël et
tous ces gens en complets ou talons hauts, heureux de finir le boulot.
| Ajouter une légende |
Le spectacle est
génial, Cohen est généreux, le spectacle se terminant que quelques minutes
avant minuit. Il se présente sur scène en complet, encore plein d’énergie malgré
ses 77 ou 78 ans, avec une voix particulière et une poésie qui retient
l’attention. Une heure du matin approche, c’est ici que se termine l’aventure à
Toronto. De retour dans l’autobus qui me ramènera à Montréal en début
d’avant-midi.
Voici quelques liens vers certaines de ses chansons sur YouTube
Voici quelques liens vers certaines de ses chansons sur YouTube
Hallelujah :
So long Marianne:
I’m your man :
http://www.youtube.com/watch?v=iW8rFho6In8Québec
Coup de cœur qui est en partie
devenu mon chez-moi depuis que j’y étudie, Québec est selon moi un parfait
milieu entre grande ville et village. On y retrouve assez de vert pour que la
fille de l'Abitibi que je suis ne sois pas trop perdue, une vie universitaire
intéressante et animée, des activités culturelles qui rappellent les grands centres
et tout ça entourés de bon monde. Voici quelques photos prises au courant des
dernières années.
| Pont de Québec |
| Automne sur le campus universitaire |
| Escalade de glace |
jeudi 20 décembre 2012
Montréal
Tant qu’à faire
un détour par le Canada, aussi bien en profité
pour vous parler un peu de mon coin. Bien que ce ne soit pas l’endroit où je
demeure habituellement, Montréal aura été la plaque tournante pour la durée de
mon séjour de 2 semaines au Canada. Une grosse ville, qui malgré qu’elle ne
remporte pas la première place à mon palmarès des plus belles villes, demeure
un incontournable. Une ville qui bouge et qui a suffisamment de coins à
découvrir pour et d’activités à offrir pour tenir occupé pendant un bon moment
n’importe quel touriste : musées, Vieux-Montréal, églises, concerts,
parties de hockey et même ville souterraine, il y en a pour tous les goûts. Mes
points forts de mon temps passé dans cette ville : la liberté de pouvoir se
promener un peu partout dans la ville grâce au métro et la beauté des lumières
de la ville et des décorations de Noël lorsque je promenais près de la rue
Saint-Catherine le soir.
mercredi 12 décembre 2012
Le plus fort c'est mon père!
Un petit mot spécial pour dire bravo à mon père qui a eu le courage de raser la moustache qu'il a portée fièrement pendant 26 ans! Un Movember inversé, en quelque sorte, qui m'aura permis de voir mon père sans moustache pour la première fois de ma vie! ;)
Vingt-six ans, les gars. Vous relevez le défi?
Lâches pas Papa, t'es le meilleur! ;)
Vous vouliez de l’aventure? Et bien en v’là!
Pas très longtemps après mon
arrivée en Nouvelle-Zélande, on a appris que mon père aurait à avoir une grosse
opération, sans toutefois savoir quand est-ce qu’elle aurait lieu. À peu de
temps d’avis, la date a été annoncée : 26 novembre… On en avait déjà
parlé, le plan était d’en rester avec les projets initiaux. Sauf que maintenant
que la date était annoncé, plus le temps passait et moins j’étais confortable
avec l’idée d’être de l’autre côté de la terre la terre alors que ma famille vivait
un moment difficile, ce n’était pas moi de ne pas être là avec eux. Une
certaine journée, il y a de cela quelques années, j’ai officiellement décidé
que ma famille prenait la tête de la liste de mes priorités et c’est ce que j’ai
décidé de respecter en achetant, vendredi à 15h, un vol aller-retour pour
Montréal. Un aller-retour puisqu’il était maintenant trop dernière minute pour
seulement revenir plus tôt, j’avais une auto à vendre, des objets à récupérer,
des engagements de pris, etc. J’avais donc moins de 25h pour me préparer et me
rendre à l’aéroport qui se situait à environ 9h d’où j’étais puisque le
lendemain était pour le lendemain 16h.
Je fais une partie de la route le
vendredi, le reste le samedi matin. J’arrive à Christchurch en après-midi, un
peu serrée dans le temps, je réussis à rejoindre des gens que je connaissais
encore très peu mais qui ont généreusement accepté de garder mon auto chez eux
durant mon absence et mon même reconduit à l’aéroport. Alors que je croyais que
la course se terminait, elle ne faisait que commencer.
Le vol de Christchurch à
Auckland se déroule bien, mais je réalise rapidement que ma connexion sera
serrée… Je change de terminal, passe devant quelques files, marche vite et
arrive juste à temps… pour réaliser que mon vol avait un peu de retard. J’ai
acheté mon vol sur un site que je ne connaissais pas tellement et même avec mes
billets dans les mains, je crains encore un peu de me faire dire que mon siège
n’existe pas. 59k, c’est le siège inscrit sur mon billet. J’entre dans l’avion
(qui est gigantesque, soit dit en passant) et me dirige vers le fond. 55…56..57..58…
Ça y est, je pense que mon billet n’en est pas vraiment un.. ah! 59! Caché
derrière 58, la toute dernière rangée de l’avion, avec seulement deux sièges.
Et bien croyez-le ou non (ou croyez non ou le, comme dirait le gars de la radio
de l’Abitibi – pas que ce soit la façon abitibienne de dire l’expression, pas
du tout! ), malgré mon achat de dernière minute j’avais hérité d’une place près
d’un hublot et du monsieur probablement le plus sympathique de tous passagers.
On a jasé un peu, ça a aidé à faire passer le vol de 12h plus rapidement. Je
profite du lever de soleil un moment
donné au milieu de la nuit, quelque part au-dessus du Pacifique. J’adore l’idée
d’être un peu perdu dans le temps et dans l’espace, comme suspendu entre deux
moments et deux endroits, comme si on disparaissait de la carte pendant
quelques heures.
J’attends Los Angeles de pieds
ferme. Le retard à Auckland complique drôlement ma connexion aux États :
25 minutes en mettant les pieds hors de l’avion pour passer les douanes
(AMÉRICAINES!), passer la sécurité et la vérification des bagages et me rendre
à ma « gate ». Le temps que j’arrive au douanier par la ligne express
(qui s’est avérée ne pas être express du tout), il me restait 5 minutes avant l’embarquement et à l’inspection
de mes bagages, on annonçait le dernier appel pour mon vol. Je n’ai aucune idée
comment c’est possible, mais j’ai finalement réussis à partir sur ce vol, j’étais
pratiquement la dernière à embarquer, ils étaient sûrement à quelques minutes d’appeler
mon nom au travers de tout l’aéroport. Heureusement je me serai évité ce moment
gênant et j’aurai pu arriver à Montréal dans les temps.
J’ai tout un comité d’accueil
qui m’attend à l’arrivée : mon frère, mon père, mon oncle et mon cousin. Je
suis contente d’être là, et eux aussi sont contents que je sois là.
Un p’tit bout vite
Changement de programme, je
bifurque vers la côte est. Tant qu’à faire, je choisis de traverser l’île en
empruntant l’Arthur’s Pass .
Quelques heures de route rendues
bien agréables par le beau paysage. Le manque de temps limite la prise de photos, je devrais me
contenter principalement des images que j’en aurai mentalement gardées.
Profiter du moment présent...
Pendant cette superbe marche dans Abel Tasman,
nous sommes 5 personnes (un couple du Royaume-Uni, un couple de Seattle et moi)
à nous être rencontrés et rapidement appréciés. Nous nous somme appréciés suffisamment
en tout cas pour qu’à notre arrivée de la marche, nous décidions tous de dormir
au même camping pour pouvoir déguster une bonne bière, assis en rond dans la
pelouse. Une très belle soirée, en bonne compagnie, qui s’est terminée à
discuter de tout et de rien, avec deux bouteilles de vin, au bord du feu. Merci
à vous quatre d’avoir fait de ce moment un moment si spécial!
J’ai trouvé où se cache le paradis…
Jour 1
Cette fois, ce
sera une cinquantaine de km répartis sur 4 jours. J’ai choisi cette
formule afin de me laisser le temps de
profiter des plages en chemin et aussi pour m’éviter d’avoir de trop grosses
journées étant donné que je traîne sur mon dos tout ce que je prévois avoir
besoin dans les prochains jours. De fil en aiguille, je débute la randonnée
seulement vers 11h, mais je ne suis pas stressée, je n’ai qu’environ 4h à
marcher pour me rendre à mon premier site de camping. J’ai à peine mis les
pieds dans le parc national que je suis déjà. Quelqu’un aura fait la remarque
un peu plus tard qu’avoir donné des crayons de couleurs à un enfant n’aurait
pas donné un résultat plus clairement découpé, ni composé de couleurs plus
vives et pures : impressionnée : des plages dorées, des eaux
bleu-turquoise, une végétation d’un
vert… tellement vert. Il fait beau, il
fait chaud et c’est ce qui est annoncé pour le reste de la semaine. Environ à mi-chemin, je fais une pause sur une
de ces merveilleuses plages, assise dans le sable, le dos appuyé contre mon
sac, j’écoute le bruit des vagues et mange avec appétit une prune bien juteuse.
Je ne reprends ma route que lorsque la marée haute me rattrappe.
J’arrive au camping, un endroit
tout simplement magique. J’installe ma tente, puis vais m’asseoir sur la plage
pour écrire, profiter de la vue à couper le souffle et pour manger avec appétit
ma ration de la soirée. Je m’amuse à analyser le vol des oiseaux, je ne m’y
étais jamais vraiment attardé. Je les regarde faire des cercles au-dessus de
l’eau pour repérer le poisson, puis je les vois qui plongent à toute allure
dans l’eau. S’en est presque surprenant qu’ils réussissent encore à voler après
de tels plongeons.
Je suis interrompue dans mes
réflexions par le garde du camping qui vient vérifier que j’aie bien fait une
réservation. Un gentil joyeux monsieur, en shorts et chapeau de garde-chasse,
qui vient de marcher les 20 minutes qui séparent les 2 campings, nu pieds. Je
me couche avant le soleil, je m’endors avec le bruit des vagues.
Jour 2
La route est agréable, la pause
encore plus. Je m’arrête un bon 2h sur cette grande plage où je profite
amplement du soleil, mange un peu et ose même une baignade. Ça fait tellement
du bien!
J’arrive assez tôt au camping de ce soir où nous ne serons finalement
que 3 à partager notre plage privée. ;) J’ai parlé un peu plus avec deux
différents couples, un de Grande-Bretagne, l’autre des États-Unis. Tous très
sympathiques, j’espère avoir l’occasion de discuter avec eux plus longuement.
Ce soir-là, le sommeil ne vient pas aussi bien. Je me relève en fin de soirée
et vais passer un bon moment sur la plage à regarder les étoiles et écouter le
bruit des vagues. L’océan, s’est tellement spécial.. Mais mieux vaut retourner
se coucher – il ne faudra pas partir trop tard demain puisque deux passages ne
peuvent être traversés qu’à marée basse.
Jour 3
Sac sur le dos et souliers dans
les mains, on traverse en rigolant les zones qu’on doit passer à marée basse.
On arrive de l’autre côté les pieds tout boueux, mais avec le sourire. La
journée s’annonce plus longue que ce qu’elle devrait être, dû à un éboulement
plus loin sur le chemin qui nous oblige à faire un détour d’une heure, qu’on
nous avait dit. On a cependant la surprise, après deux heures dans le chemin
alternatif, de ne même pas être encore rendus au chemin principal qui devait
nous mener au prochain camping. Le temps passe, les cours d’eau qu’on doit
traverser deviennent de plus en plus difficiles à sauter est pour être honnête,
on commence à être fatigués et à avoir faim. On n’a pas pu retenir quelques
exclamations de joie à la vue de la route et ce n’est qu’en mangeant un peu
qu’on remarque les 2h supplémentaires indiquées sur la pancarte pour se rendre
au prochain camping. De ce camping, 2h de plus seront nécessaires pour me
rendre où je prévoyais dormir.
J’arrive fatiguée, affamée et avec une bonne
idée de l’état dans lequel seront mes muscles le lendemain. Un peu de social,
puis vite au dodo.
Cette
journée-ci s’annonce beaucoup plus tranquille et mes muscles m’en remercient.
Je commence la journée par une petite marche à Separation
Point où j’ai pu entendre et voir des phoques sauvages pour la première fois de
ma vie. Ça aura certainement été un des points forts de la randonnée.
Je
reviens ensuite sur mes pas pour rejoindre la plage où le bateau-taxi viendra
nous chercher un peu plus tard. En attendant je profite de la plage, du paysage
et de la bonne compagnie du couple du Royaume-Uni.
dimanche 2 décembre 2012
P’tit coup de blues…
Qui aurait cru que moi, qui ne
trouve habituellement pas le temps de s’ennuyer en voyage, finirait par avoir
les blues à mon tour… Des pieds un peu endoloris, une belle journée de pluie,
il ne m’en aura pas fallu plus pour me couper toute envie de découvrir le pays.
Mais plutôt que de rester terrée dans ma tente, je décide finalement à la
dernière minute de plier bagages et de me rendre dans la prochaine ville que je
compte visiter de façon à me tenir occupée. Ce n’est pas ma meilleure journée,
je suis fatiguée et les premiers km sont tellement sinueux que je dois
finalement arrêter à quelques reprises sur le bord du chemin pour donner une
chance à mon mal de cœur de passer. J’arrive malgré tout vers l’heure du souper
dans un petit village connu pour ses moules vertes (désolée, blanc de mémoire…
village dont le nom commence par H). Je m’y arrête donc pour goûter à ce plat, puis
reprends ma route en direction de Nelson. J’y arrive vers 7-8h du soir, je sais
déjà que je vais aimer cet endroit. Tout ce que j’ai le goût ce soir, c’est
d’écouter un film, assise au chaud sur mon divan, cachée sous une grosse
couverture. À défaut d’avoir un divan, je termine assise au cinéma et vu
l’heure tardive, décide de dormir dans un dortoir pour ce soir. On y a accès à
un téléphone via lequel on peut faire des appels locaux gratuitement, c’est
tout ce dont j’ai besoin.
Je réussis à rejoindre mon frère
le lendemain matin, j’ai encore cette envie de ne rien faire qui me gruge toute
énergie. Je pars pour une plus ou moins longue marche dans la ville, en passant
par la cathédrale puis par un sentier dans le bois. Je m’arrête au passage au
centre d’informations pour les touristes, ça me décide enfin. Demain, je pars
pour une marche de 4 jours dans le parc national d’Abel Tasman, un des endroits
de la Nouvelle-Zélande qui m’a convaincu
d’y retourner. Les choses s’enchaînent donc rapidement : épicerie, préparation
de mes repas pour 4 jours (ce qui m’évite de traîner un réchaud), préparation
de mon sac que cette fois je devrai traîner. J’ai opté pour le camping encore
une fois et les nuits sont encore fraîches alors les vêtements chauds sont
nécessaires. Je sais déjà mieux ce qui me sera utile, mon sac est mieux préparé que la dernière fois et
légèrement moins pesant. Différents points d’eau sont accessibles sur le
chemin, ce qui en soit permet de diminuer le poids de mon sac de quelques kg.
La soirée passe vite, je me
couche assez tard. Mieux vaut dormir un peu puisque j’aurai 1h30 de route à
faire demain matin avant de pouvoir commencer à marcher. Les blues sont
toujours là, mais je travaille fort pour les ignorer. Un petit coup de fil à ma
mère au matin avant de partir, ça calme les choses un peu, je suis prête à
partir pour 4 jours.
Queen Charlotte Track
71
km de marche répartis sur 3 jours et 2 nuits de camping. Voilà ce qui m’attend
pour les prochains jours. Je me suis préparée de la nourriture et fait des
provisions d’eau pour les 3 jours, j’ai préparé mon sac avec mon équipement de
camping et du linge chaud… puis je me suis rendue compte à quel point mon sac
était lourd… J’ai vu bien pire en chemin, mais reste que j’aurais aimé avoir un
peu moins de poids à traîner sur mon dos. J’ai un équipement de camping pas trop cher, ce qui implique
qu’il est par le fait même assez pesant. Au final, le poids de mon sac n’aura
pas eu une grosse influence puisque le prix pour prendre un bateau de Picton au
point de départ de la marche puis du point d’arrivée à Picton est presque le
même que celui faisant le même trajet et transportant en plus les bagages d’un
camping à l’autre pendant la journée. Pour environ 15 $ de différence et moins
d’attente pour le retour à Picton, j’ai finalement décidé de les laisser
transporter mon sac, même si ça me semblait être une façon très touristique de
faire la randonnée. J’apportais donc avec moi pendant la journée qu’un plus
petit sac avec des vêtements chauds, de la nourriture et de l’eau.
Il faut comprendre qu’en Nouvelle-Zélande,
ce qui est dangereux, ce n’est pas les animaux ou les insectes venimeux comme
d’en d’autres endroits du globe, mais plutôt les changements de température
rapides et drastiques. Alors aussi bien y être préparé plutôt que de se faire
prendre à brûle-pourpoint sans vêtements de rechange ou nourriture pour passer
une nuit de plus en forêt.
Le matin du départ, je me
réveille finalement avec un gros rhume. Ça change la donne - je suis
contente de ne pas avoir à traîner mon gros sac parce que la première journée,
qu’on nous disait être une journée de 9h de marche, a été une lutte permanente
pour tout simplement réussir à respirer. En une journée j’avais utilisé presque
l’ensemble du seul rouleau de papier de toilette que j’avais amené pour me
moucher… Disons que je ne profitais pas du paysage autant que j’aurais pu. À 19h, ma tente était montée, j’avais mangé
et je dormais. Heureusement parce que de 19 à 21h ont été les deux seules
bonnes heures de sommeil de toute ma nuit. Je me suis réveillée fatiguée, mais
déjà un peu moins enrhumée.
La deuxième journée, on marchait
surtout à découvert, sous le soleil particulièrement chaud de la mi-novembre.
Si le défi de la première journée aura été de respirer, celui de la deuxième
journée était quant à lui de bien gérer mon eau. Mon rhume et le soleil me
demandaient plus d’énergie qu’à l’habitude et j’avais une quantité d’eau tout
de même limitée. L’eau des campings doit souvent être bouillie ou traitée avant
d’être bue, mais j’ai réglé mon problème en faisant le plein d’eau potable à
l’une des auberges près de mon camping.
Je n’ai vraiment commencé à
apprécier la randonnée qu’à la troisième journée. Je me sentais mieux, il
faisait encore très beau et chaud et on avait quelques superbes points de vue
en chemin. Comme le bateau qui nous ramenait à Picton nous attendait pour 15h30
et que les indications nous montraient que 8h de marche nous séparaient encore de
l’arrivée, je suis partie relativement tôt pour éviter de me sentir pressée par
le temps au courant de la journée. Bien que j’aie finalement terminé beaucoup
plus tôt que prévu, j’ai apprécié pouvoir profiter du matin encore pas trop
chaud pour traverser la montée assez longue et exigeante du début. Et rien de
mieux que de pouvoir se prélasser au soleil dans l’herbe en faisant un peu de
social en attendant le bateau!
Mon impression finale de cette
marche? Belle randonnée, beaux paysages, mais j’étais un peu déçue. Déçue de ne
pas être plus près de l’eau que ça, déçue du résultat alors que le prix du
transport pour faire cette marche était assez élevé. Plusieurs heures de marche
étaient dans les boisées, ce qui ressemblait davantage à ce que je connaissais
déjà du Québec. Faut dire que mon rhume a certainement rendue mon expérience
plus difficile et moins agréable tout en me rendant beaucoup moins sociable,
mais je suis tout de même contente de l’avoir fait puisque cette randonnée aura
été une excellente préparation à celle qui allait suivre.
P.S. Faut dire aussi que la Nouvelle-Zélande me gâte tellement en terme de paysage que j'en deviens un peu difficile ;)
Picton
Dès mon
arrivée sur l’île Sud, j’ai un coup de cœur pour le petit village de Picton,
avec ses bateaux et voiliers près du port, la vue sur les « sounds »
et ses petites boutiques touristiques. Je profite de cette première journée
découvrir un peu le village, prendre quelques informations et organiser les
prochains jours. C’est décidé, demain je pars pour une randonnée de 3 jours. En
espérant que la belle température soit aussi de la partie!
| Vue sur les "sounds" |
Plus ça change, plus c’est pareil
J’ai peut-être changé de bout de
pays, changé de carte et changé de paysage, mais n’en reste pas moins que je me
couche encore ce soir-là avec une vue à couper le souffle. Les gens sont tout
autant sympathiques et j’ai confiance que l’île Sud aura elle aussi son lot de
beaux paysages et d’aventures à m’offrir. J’ai déjà hâte à demain pour débuter
cette nouvelle aventure.
À la découverte de l’inconnu
Quelques petits changements
d’itinéraires sur l’île Nord m’ont menés à arriver plus tôt à Wellington et
j’étais donc prête à traverser sur l’île Sud avec quelques jours d’avance sur
ce qui était prévu. Deux compagnies offrent le service de traversier d’une île
à l’autre, j’ai opté pour BlueBridge qui offrait des billets un peu moins
chers. Le 12 novembre en milieu de
journée, j’embarque donc avec l’auto sur cet immense bateau. La traversée est
houleuse, les gens courent aux toilettes ou prendre l’air sur le pont, même les
membres de l’équipage trouvent que c’est une traversée particulièrement
mouvementée. J’y rencontre un gentil couple qui vit sur l’île Sud et avec qui
je discute un bon moment. Je ne m’en tire pas trop mal pour ce qui est du mal
de mer, mais je suis tout de même contente de remettre les pieds sur terre
après les 3h de traversée.
| Arrivée à Picton (Île Sud) |
jeudi 8 novembre 2012
Bonne fête maman!!!!
Pour ta fête maman, je t'ai amené avec moi le 8 novembre pour faire une des plus célèbre marche d'une journée au monde. Cette marche de 6-8h, le Tongariro Alpine Crossing, n'est qu'une section d'une des 9 "Great Walks"de la Nouvelle-Zélande.
Je ne réussis pas à ajouter les vidéos encore une fois, mais regardez les photos et les liens des vidéos pour faire la marche du début à la fin!!!
Vidéo 1: http://www.youtube.com/watch?v=fgsixxdNG_w
Quelques bonnes montées!
Vidéo 2: http://www.youtube.com/watch?v=pjgHtDH6-xg
Vidéo 3: http://www.youtube.com/watch?v=ZIiWpHJYs6A
Vidéo 4: http://www.youtube.com/watch?v=tPLoqNLLnXw
Les lacs turquoises!
Le lac bleu

On peut encore voir de la fumée ici et là.. !

Je ne réussis pas à ajouter les vidéos encore une fois, mais regardez les photos et les liens des vidéos pour faire la marche du début à la fin!!!
Presque par hasard, Geneviève, une amie de Québec et moi, on se retrouve toutes les deux dans le parc national en même temps. On a donc décidé de faire la marche ensemble. Comme le trajet ne fait pas une boucle, on doit s'organiser un transport pour nous ramener au point de départ. Le chauffeur nous attendra à l'arrivée dans environ 7h30. Début de la marche!
Vidéo 1: http://www.youtube.com/watch?v=fgsixxdNG_w
Quelques bonnes montées!
Vidéo 2: http://www.youtube.com/watch?v=pjgHtDH6-xg
Les paysages sont impressionnants. L'allure un peu désertique du décors contraste avec les montagnes encore enneigées. Le plat du cratère nous donne un moment de repos avant d'entreprendre la prochaine montée.
Un peu avant midi, on arrive au milieu de la randonnée. Geneviève, plus brave (et plus en forme!) que moi, opte pour un détour d'une heure supplémentaire au sommet, alors que moi je me contenterai du trajet de base et d'une petite pause sandwich en attendant qu'elle revienne!
Vidéo 3: http://www.youtube.com/watch?v=ZIiWpHJYs6A
Vidéo 4: http://www.youtube.com/watch?v=tPLoqNLLnXw
Les lacs turquoises!
Le lac bleu
Des affiches nous rappellent régulièrement d'être prudent, il s'agit d'une zone volcanique qui est toujours occasionnellement active. La preuve, une partie du chemin a dû être fermé au public pendant plusieurs mois suite à une "éruption" au mois d'août dernier.
On peut encore voir de la fumée ici et là.. !
Alors voilà! Cadeau de fête un peu différent! haha Bonne fête encore, je t'aime gros!! xx
I glou i glou i glou...
Napier, Hawke Bay. Région de vin et de bonne bouffe. En partie démolie par un tremblement de terre en 1931, la ville a été reconstruite en suivant un type d'architecture bien particulier qui, malheureusement pour vous, ne m'a pas intéressé plus qu'il faut. J'ai préféré m'intéresser aux nouvelles terres qui sont devenues disponibles après ce tremblement de terre, principalement aux vignes qui poussent dessus. ;) Je suis donc aller goûter des vins, beaucoup de vins!
Question de rendre les choses pratiques, j'ai opté pour un tour des vignobles avec un petit groupe et un chauffeur. Première nouvelle, je suis la seule à aller au premier vignoble: chauffeur privé! Un couple en lune de miel seront les deux seules personnes à se joindre à moi par la suite. J'ai jamais fait ça, donc j'avoue je me sens un peu ridicule de sentir le vin et de faire comme si je connaissais ça, mais la dame du vignoble et le chauffeur ont été bien gentils et m'ont expliqué comment faire.
Deuxième nouvelle, on ne fera pas 4, mais bien 5 vignobles. Alors petit calcul rapide: 5 vignobles fois 6 ou 7 vins par endroit, ça fait toujours bien au moins 30 différents vins! Alors moi qui boit pas plus qui faut en temps normal, je vous assure que j'étais bien contente quand l'assiette de produits locaux (fromages, olives, peperonni, agneau, etc.) est arrivé au 5e vignoble pour aider à tamponner tout cet alcool!
Reste que l'expérience aura été bien intéressante et m'aura appris plusieurs choses sur les vins et la région!
Vignes et bâtisse du plus vieux vignoble de la Nouvelle-Zélande:
Lake Waikaremoana
Heureusement qu'on m'a conseillé de faire un détour par le parc national Te Urewera, parce que sinon j'aurais manqué tout un paysage. Le lac Waikaremoana (J'ai triché, j'ai sorti ma carte... impossible de faire retenir ce nom à mon cerveau!), dont le sentier qui en fait le tour fait parti des 9 "Great Walks" de la Nouvelle-Zélande, me réservait toute une surprise à mon arrivée. Venant de l'Abitibi, je me disais que ça serait sûrement pas un lac qui allait m'impressionner. Sauf que la température a joué en ma faveur et le lac rendu mystérieux par la brume, avec la silouhette des montages un peu plus loin, m'a d'un seul coup convaincu que cette simple vue valait le relativement long détour pour venir y camper.
Cette nuit-là a cependant été probablement une des plus froides depuis mon arrivée en Nouvelle-Zélande. Un contraste important avec les vingt quelques degrés des derniers jours, des shorts et maillot de bain, alors que j'ai dormi dans l'auto avec probablement la moitié de mes vêtements sur le dos, mitaines, capuchon, bas de laine, couverture et en m'assurant de rester bien cachée dans mon sleepin bag. Ça aura été suffisamment froid en tout cas pour me convaincre d'acheter une tuque dès le lendemain!
Mais même malgré ça, je continue de croire que la beauté du décors de la veille compensait largement pour cette nuit glaciale du début de novembre!
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