Je m’étais promis de me faire un détour par le musée de
l’aviation avant de me diriger vers Picton, d’où part le traversier. Je passe
certainement quelques heures à déambuler en rêvassant dans le musée qui
présente plusieurs modèles d’avion grandeur nature de même que divers objets et
vêtement (ou parfois leur réplique) ayant appartenus à certains pilotes connus.
Les mises en scènes et les mannequins sont d’un réalisme impressionnant. Je vous laisse en juger par vous-mêmes!
-Translation on the right side, at the top! Traduction dans le coin superieur droit!-
vendredi 5 juillet 2013
Dernière nuit au Sud
On est le 22 décembre et déjà je dois me préparer à faire mes adieux à l’île sud, puisque demain en fin d’après-midi je prends le traversier qui me ramène vers mon point de départ, l’île nord.
J’ai une vilaine toux qui ne cesse d’augmenter depuis un peu
moins d’une semaine et je n’ai absolument pas envie de passer la nuit dans ma
tente. Je trouve donc une jolie petite villa, un « backpacker » comme
ils l’appellent là-bas, c'est-à-dire une auberge où il est possible de trouver
des lits en dortoirs ou en chambre individuelles pour un prix très abordable.
Ce genre d’endroit grouille habituellement de voyageurs de toute sorte.
Plutôt que d’empêcher tout le monde de dormir avec ma toux,
j’opte pour une plus petite chambre. Je me retrouve finalement seule dans une
chambre pour deux, avec mon propre lavabo, pour environ 25 $. J’en profite pour
recharger les batteries, autant les miennes que celles de ma caméra et du petit
ordinateur qui me permet de fréquemment vous ajouter des photos et des anecdotes.
Camping entre mer et terre
Depuis quelques jours qu’on me vante un certain camping en
bord de mer entre Dunedin et Kaikoura. C’est en plein ce que j’ai envie pour
ces derniers moments de solitude sur l’île sud, un beau camping avec le bruit
des vagues pour s’endormir.
Seulement, on n’avait pas pu me dire le nom du camping, mais
seulement quelques indications concernant l’endroit et les pancartes l’annonçant.
Le suivant est juste en bordure de mer et l’affiche me semble être celle qu’on
m’a décrite. Je m’informe, c’est abordable et je peux avoir un terrain juste
devant l’océan, excellent. Mais une fois arrivée aux terrains je réalise que je
me retrouve en fait bien calée entre l’océan et la grande route, alternant le
bruit des vagues à celui des gros camions... Et ça c’est avant de réaliser que
le rail de train que j’avais vu plus tôt était encore bel et bien utilisé!
Le lendemain matin, après avoir pensé à plusieurs reprises
être sur le point de me faire passer dessus par un train ou encore de voir ma
tente faucher par un camion, je reprends la route et quelques km plus loin, je
vois le fameux camping supposément parfait « que je ne pouvais vraiment pas manquer »…
La fin du monde
Moment tant redouté, d’autant plus que pour moi, la fin du
monde devait arriver un bon 15 ou 16 heures avant ceux qui attendaient sagement
au Canada de voir ce qui arriverait aux gens des pays plus à l’est.
Malheureusement pour ceux qui misaient beaucoup sur ce
moment pour avoir une petite passe droit vers le paradis, cette journée s’est
surtout démarquée par sa banalité difficilement concevable pour une journée
passée en Nouvelle-Zélande.
Un seul événement a passé tout près d’être considéré comme «
la fin du monde » cependant…
Comme je pliais bagage afin de reprendre la route, tout en
pensant au fait qu’on avait bel et bien traversé la nuit fatidique, je réalise
que j’avais réussi à rouler ma tente si serrée qu’il restait même encore de
l’espace dans le sac de rangement. Plutôt fière de mon coup et me disant que
j’étais enfin en train de devenir une campeuse digne de ce nom, je prends place
au siège du chauffeur et tourne la clé pour partir le moteur. Je me rends
rapidement compte que j’ai oublié de mettre mes lunettes, alors je réfléchis
une seconde pour me rappeler à quel endroit je les ai mis… dans la pochette…
dans ma tente… qui est si parfaitement roulée qu’il reste encore de l’espace
dans le sac…!
Faut pas chercher à comprendre
L’itinéraire prévu devait me
mener à Christchurch, mais vous devinerez que si je vous dis ça, c’est que
l’itinéraire a changé. Pour être tout à fait honnête, je n’avais pas envie de
retourner dans une plus grosse ville. Il faisait beau, il faisait chaud et
j’avais juste envie d’atterrir dans un petit coin tranquille plutôt que de me
casser la tête à essayer de retrouver mon chemin dans une ville. Alors nouvelle
destination : Géraldine.
Un endroit où je devais cependant
arrêter pour m’en être fait parler plusieurs fois étaient les Boulders, sur une
plage quelque part entre Dunedin et Christchurch. Je n’avais pas trop la tête à
ça, mais j’avais besoin d’une pause de toute façon. Donc à la vue de l’affiche touristique
indiquant les Boulders, je mets mon clignotant et tourne en direction du
stationnement en bordure de la plage.
Les Boulders sont des grosses
pierres bien rondes, qu’on dirait avoir été déposées par un géant sur la plage.
Je dois avouer qu’il y a quelque chose de mystérieux à ce phénomène et que je
n’ai pas réussi à trouver d’explications plausibles. Peut-être y avait-il un
panneau avec quelques explications scientifiques, mais j’ai préféré ne pas le
chercher et laisser le mystère planer. De toute façon, j’entrevois
difficilement une meilleure explication que des géants ou des extra-terrestres
qui seraient venus y laisser leur trace.
Mais ce que j’ai trouvé encore
plus mystérieux que les roches elles-mêmes était d’essayer d’expliquer le ratio
de 5 personnes pour 1 roche sur la plage… J’en suis venue à la conclusion que
les extra-terrestres devaient avoir ajouté un pouvoir spécial aux Boulders pour
attirer les gens vers ces roches et ainsi libérer quelques-uns des plus beaux
coins du pays des touristes bruyants aux super kodaks. Je dois avouer que
c’était une idée de génie. ;)
Touristes
On décide de jouer les touristes jusqu’au bout et on
s’arrête à la superbe gare de Dunedin, monument qui ajoute certainement du
cachet à la ville avec son architecture qui se démarque de ce qu’on a
l’habitude de voir. Ça me rappelle une fois de plus qu’un jour, j’aimerais
bien faire un voyage en train, juste pour essayer.
Le tourisme, ça creuse l’appétit! On termine donc notre
tournée de Dunedin assis sur terrasse au soleil. J’essaie enfin une de ces
fameuses seafood chowder (une espèce de soupe crémeuse aux fruits de mers) et je dois
dire que j’en ai pour mon argent. Ce n’est pas l’envie qui manque de profiter
du soleil et de rester une nuit de plus à Dunedin, mais ma date de retour sur
le traversier approche à grand pas et il me reste encore plusieurs km à
traverser. On se dit donc au revoir et je retrouve mon vieux Subaru qui jusqu’à
maintenant est demeuré un fidèle compagnon de route. Un dernier signe de la
main, puis je mets le cap vers le nord.
Baldwin Street
On délaisse finalement les
mouettes pour se diriger à l’improviste vers le lieu d’un record
Guinness : la rue la plus à pic! Et comme un record Guinness comme
celui-ci n’en vaut pas le détour si on n’y va pas jusqu’au bout, on s’est rendu
à pied jusqu’au sommet, empruntant les escaliers qui on été construits à même
la rue. Certains prennent une pause ici et là, d’autre la monte en courant,
mais tous travaillent certainement leur cardio!
À la découverte
On se lève tôt, on ne veut pas perdre une minute si on veut
couvrir l’ensemble de ce qui est à l’horaire pour la journée. On commence par
une courte randonnée qui nous mène au sommet d’une petite colline d’où on
obtient un point de vue intéressant. J’ai une toux qui me suit depuis quelques
jours qui me donne un peu de difficulté à me rendre au sommet, mais on y
parvient malgré tout et le résultat en valait l’effort.
On part ensuite en direction de
la ville et j’ai le privilège d’être conduite pour le reste de la journée dans
l’auto sport bleu pétant de mon hôte. On emprunte une route sinueuse qui longe
la côte, nous donnant presque l’impression de rouler sur l’eau, et cela jusqu’à
la fameuse péninsule dont on m’avait tant parlé. Un endroit qui abrite apparemment
ces énormes oiseaux que sont les albatros, de même que les rares pingouins à
yeux jaunes. Je dis apparemment, puisque bien entendu, on n’a rien vu de tout
cela. On s’est contenté des mouettes et de regarder le superbe paysage dans un
vent à vous faire s’envoler.
Dunedin
Après une longue pause, je reprends au moment où je vous ai laissé il y
a quelques mois, après mon retour à la maison et au train-train quotidien.
On est donc le 19 décembre 2012,
il fait beau, il fait chaud et je prends la roue pour longer la côte des
Cathlins à Dunedin. Dommage que j’aie manqué le lion de mer qui était sur la
plage hier soir, ça aurait pu être une belle photo à vous montrer! Une
compilation de chansons country passe en boucle dans l’auto, le vent entre par
les fenêtres ouvertes et je n’hésite pas à m’arrêter à plusieurs reprises pour
me promener nus pieds sur les plages de sable blanc.
Ce soir je suis accueillie en
reine chez un Kiwi qui en connaît plus sur l’ouest canadien que moi-même.. mais
qui n’a aucune idée de qui sont Astérix et Obélix! On était voisin de siège
dans l’avion et il m’a invité à venir souper avec lui et sa mère et m’a offert
un lit pour la nuit.
Cet esprit d’entraide et
d’accueil, on le sent partout en Nouvelle-Zélande. Mon hôte m’explique que
pendant les années qu’il a passées au Canada, il s’est fait accueillir, gâter,
montrer pleins de choses et que maintenant, il a envie de rendre la pareil. On
mange comme des rois et il me fait découvrir le Blue Cod, le poisson qu’il a
acheté, mais qu’il aurait normalement pêché. Un délice! Lui, sa mère et moi, on
passe le souper à se raconter des histoires, à rire et je leur montre qui est Astérix
et Obélix. Ils ne reconnaissent pas les deux personnages mythiques, ni Lucky
Luke d’ailleurs, je suis sous le choc! La soirée passe vite et l’heure d’aller
se coucher arrive rapidement. Mieux vaut aller se coucher, on a une journée
chargée prévue pour demain!
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